Une grande rencontre festive et créative

Entretien avec Thierry Goyet, secrétaire départemental du PCF dans le Morbihan et Directeur de la Fête de l’Huma


7 novembre 2008

Grande fête populaire avec ses 8 à 10 000 visiteurs annuels, la fête de l’Huma Bretagne est à un grand rendez-vous du peuple de gauche dans notre région. Petite sœur de la “grande” fête de l’Humanité, c’est devenu une "date" marquante dans une région où l’on aime les festivals. Thierry Goyet, secrétaire département du PCF et Directeur de la fête répond à nos questions.

Quel est le fil rouge de cette 17e édition ?

En 2008, nous voudrions que la fête de l’Huma Bretagne soit encore plus qu’à l’accoutumée un creuset festif et créatif : brassage de générations, plaisir d’échanger des idées, de partager des moments de joie.

Parlez-nous un peu des spectacles…

Chanson française, culture bretonne, électro... La fête est éclectique. Richard Gotainer nous crédite, en avant-première de sa tournée, d’un spectacle plein d’humour et de lettres, l’hommage d’Empty Spaces à Pink Floyd est vraiment dans l’esprit de ce groupe mythique, High Tone et DJs de la soirée électro s’adresseront à un public jeune et ouvert sur le monde, ouvert comme la culture bretonne également à l’honneur avec le fest-noz et de nombreux artistes du pays de Lorient.

Avec la crise, les visiteurs auront-ils le moral ?

Participer à la fête, "faire la fête" donne la pêche. L’Huma Bretagne avec ses concerts, ses animations citoyennes ou culturelles, ses restaurants, ses bars est un bon vaccin contre la morosité ambiante. La convivialité, la culture, la recherche collective de solutions progressistes sont essentielles à l’humain.

Le capitalisme est en crise mais on ne voit pas d’alternative…

Au moment où le capitalisme vacille sur son socle financier, il est urgent d’inventer d’autres projets, d’autres idéaux tournés vers l’émancipation des hommes et des femmes. Les débats de la fête seront tournés vers la recherche de solutions nouvelles, profondément humanistes.

Concrètement ?

Plutôt qu’être obnubilés par la solvabilité des banques, les pouvoirs publics ne devraient-ils pas s’occuper de la solvabilité des ménages ? Le relèvement des salaires n’est-il pas préférable à un niveau d’endettement inconsidéré sur de nombreuses années ? La “loi du marché”, l’indépendance des banques et des bourses, la concurrence acharnée sont désastreuses : ne faut-il pas mettre en place un pôle public bancaire ? Quid du contrôle citoyen, de la démocratie, de l’échelle des salaires dans l’entreprise ? De tout cela, nous souhaitons débattre avec nos visiteurs. Et ensemble s’inscrire dans la perspective de construire un monde meilleur, une alternative à gauche.

La gauche n’est-elle pas plombée par les appétits électoraux ?

Elle l’est à cause du présidentialisme accru par les réformes de Sarkozy. Mais les élections sont un moyen de changer les choses. Nous invitons le député européen Francis Wurtz pour nous parler des enjeux des prochaines élections européennes. La finesse et la profondeur de ses propositions pour changer l’Europe aideront à gagner la bataille des idées. Pour changer la vie en France comme dans le monde, l’Europe est un enjeu-clé à un moment où les partis de gauche planchent sur leur avenir.